Le robot avicole a changé mon quotidien : Laëtitia Savary témoigne

Poule reproductrice

Etude de cas

Témoignages

25 septembre 2022

Gabriel Laurent

Avec son mari Benoît, Laëtitia Savary est à la tête d’un élevage de 20 000 grands parentaux à Bouchamp-lès-Craon, en Mayenne. À l’origine du développement de Spoutnic, le robot avicole qui fait bouger les volailles, elle a été confrontée au problème de la ponte au sol, et même à un burnout lié au rythme de travail. Qu’a changé le robot avicole dans son quotidien ? Laëtitia Savary partage avec vous son expérience, en évoquant l’amélioration de son taux de ponte au sol et sa nouvelle organisation.

 

Sommaire

 

Limiter la ponte au sol, un vrai combat !

À chaque lot, il faut se battre pour que les animaux aillent pondre au nid car les œufs pondus au sol sont déclassés. C’est toute une éducation qui se passe entre 25 et 30 semaines d’âge : on doit faire bouger au maximum les volailles, en les dérangeant régulièrement pour les inciter à aller vers le nid.

“Avant le robot, je passais toutes demi-heures”

Mes poules se levaient à 7h du matin donc je commençais à passer dans mes quatre cases à 8h, après l’alimentation. Comme il y a le souci de l’accoutumance, il fallait changer régulièrement d’objets : un sac, un bâton avec un bout de bâche, un objet pour faire du bruit…en enchaînant les passages sur toute la période de ponte de la journée. En fin d’après-midi, j’espaçais un peu plus, parce que le gros de la ponte était fait.

Même avec un seul bâtiment je faisais jusqu’à 7 ou 8 km par jour, en me baissant pour ramasser les œufs au sol. Je ne vous dis pas le nombre de squats que je faisais dans la journée, sans compter le fait d’enjamber les chaînes d’alimentation, qui arrivent au-dessus du genou… C’était vraiment très physique, ce n’était plus possible de continuer comme ça. J’ai eu des lots qui ont fait jusqu’à 25% de taux de ponte au sol donc je ramassais 800 ou 900 œufs au sol tous les jours. Ils étaient déclassés mais il fallait bien les envoyer au couvoir, même si le prix était divisé par dix. Et puis un œuf attire un œuf : plus on laisse des œufs au sol et plus les volailles croient que c’est l’endroit où il faut pondre.

“Certains lots sont plus compliqués que d’autres”

Il y a des volailles plus difficiles à élever que d’autres, en fonction de l’éducation qu’elles ont reçue en poussinière. On les reçoit à l’âge de 20 semaines environ, et la ponte au sol dépend de comment l’éleveur avant nous s’en est occupé : s’il a passé du temps avec les animaux, s’il les a fait bouger… cela joue énormément sur le comportement qu’ils auront en production, et on n’y peut rien.

Pour les autres soucis, il peut y avoir du piquage, qui peut être dû au stress de la montée de ponte. Pour les poules, c’est un changement : c’est un peu comme passer de l’adolescence au stade adulte en très peu de temps donc ça les chamboule ! À 25/26 semaines, sur les premières semaines de ponte, il faut être très vigilant sur le comportement des animaux, il faut passer du temps à les observer.

 

Le robot avicole pour retrouver du temps

Le robot incite les volailles à aller au nid. Les résultats dépendent de l’éducation des poulettes et du lot, mais on obtient une baisse du taux de ponte au sol.

"Des lots à moins de 5% de taux de ponte au sol"

«Avec le robot, j’ai réussi à faire des lots à moins de 5% de taux de ponte au sol. Ce taux de 5% reste l’objectif, parce qu’on sait bien que si on l’atteint en pic de ponte, il y a très peu de risques que ça augmente après. Pour y arriver, on a peu de temps : la période de montée de ponte dure 25 à 32 semaines donc ça ne fait que 5 à 7 semaines pour gérer la ponte au sol. C’est là que se joue la réussite du lot, à 80%. Durant cette période, l’utilisation du robot est intensive chez nous. Il roule sur toute la durée de ponte des poules en journée et on fait varier les stimuli. Concrètement, on ne met pas le robot à vitesse maximale dans la case le premier jour et on augmente progressivement en fonction des besoins. On le met plus ou moins longtemps dans la case selon les besoins, selon l’évolution de la ponte au sol.

"Le robot aide aussi à la fertilité"

Maintenir la fertilité sur tout le lot, c’est un vrai challenge ! Passé 45 ou 50 semaines, ça a tendance à chuter. Il n’y a pas forcément de miracle et l’état de santé joue énormément, notamment avec l’alimentation.Le robot n’est donc pas le seul élément pour améliorer le comportement des animaux mais le fait de faire bouger les animaux peut aider. Si on gère sa journée en décalé comme nous, le cochage se passe plutôt à l’allumage de la lumière et en fin de journée, même si c’est moins marqué. Il faut mettre le robot surtout sur ces périodes-là pour stimuler les animaux. Ils ont tendance à rester immobiles après l’alimentation, à se coucher et à ne plus avoir d’activité. Plus ils avancent en âge et plus on voit ce phénomène. Le robot évite d’avoir des volailles qui s’endorment.

J’ai aussi eu du parcage.Dans ce cas, il faut baisser le ratio parce que plus on a de coqs actifs et moins il en faut. Le robot permet quant à lui de mélanger les animaux, il perturbe les coqs.

"Avec le robot, on gère différemment le temps"

Au lieu de passer toutes les demi-heures dans la case pour ramasser les œufs, on passe toutes les heures. Avant, on passait à la fois pour faire bouger les animaux et ramasser les œufs au sol. Maintenant que le robot a pris la relève, on passe seulement pour ramasser les œufs. Même s’il n’y en a pas beaucoup, il faut continuer à les ramasser, pour que les autres poules ne pondent pas au sol. Au fur et à mesure que la ponte au sol diminue, on peut espacer les temps de passage dans la case. Si on arrive à moins de 5%, on fait nettement moins de tours.

Cela libère du temps pour faire autre chose, comme ramasser les œufs au nid ou faire du suivi technique, avec la pesée des coqs et des poules à faire toutes les semaines. Sans robot, il n’y a pas beaucoup de répit, on jongle. Avoir le robot n’enlève pas forcément la pression de la réussite du robot parce que pour nous un lot, c’est une année comptable. Par contre, ça nous épargne physiquement, ça limite surtout la pénibilité. Depuis qu’on a le robot, il y a des tâches qu’on fait et qu’on ne réussissait pas à faire avant, comme observer les animaux. Être un bon éleveur passe par l’observation des animaux : quand on arrive à le faire, on réussit à comprendre beaucoup de choses. On a plus de temps pour passer dans les cases, juste pour regarder la façon dont les volailles se comportent : est-ce qu’elles mangent bien, boivent bien, se déplacent bien, est-ce que la cohabitation entre les poules et les coqs se passe bien…il y a plein de choses à observer. Cela aide à prévenir certains problèmes.

 

Une nouvelle organisation qui change tout

Avant, on travaillait sur la journée : on faisait lever les volailles à 6h, on alimentait puis on avait la ponte. Le problème, c’est qu’on avait une ponte qui était plutôt sur la fin de matinée ou le début d’après-midi, et le matin, on n’avait pas beaucoup d’œufs à ramasser. Ça nous embêtait un peu parce qu'au niveau de l’organisation, ça monopolisait toute la journée, y compris les weekends. On n’avait pas du tout de temps à côté.

"On a décalé nos horaires"

Il y a deux ans, on a fait le choix en discutant avec le technicien d’allumer à minuit/1h du matin, puis d’alimenter entre 6h et 7h du matin, en éteignant la lumière à 15h. Cela nous permet d’avoir des œufs à ramasser dès le matin, sans temps mort au démarrage de la journée. On retourne au bâtiment l’après-midi, mais surtout pour finir ce qu’on a à faire et faire de l’entretien. On finit donc la journée plus tôt en commençant à la même heure. Pour ça, on met le robot à fonctionner la nuit, de l’allumage de la lumière jusqu’à l’alimentation. Il intervient pour faire bouger les animaux et les faire aller au nid. On règle le robot la veille, on le programme pour qu’il démarre après l’allumage. Après, on peut le programmer jusqu’à trois plages horaires.

"Cette organisation a changé ma vie personnelle"

On a de grands enfants, de 18 et 20 ans. Avant, le dimanche, on devait retourner l’après-midi dans le bâtiment. Maintenant, on arrive à finir à midi/13 h et ne pas y retourner, donc ça permet de faire autre chose, de sortir du travail.

Pour moi, le robot sert surtout à s’épargner. Il peut limiter les troubles musculosquelettiques et l’intérêt, c’est vraiment de diminuer la pénibilité et d’améliorer les conditions de travail. Ramasser les œufs fait partie du travail mais il ne faut pas que le quotidien soit une galère, sinon c’est ingérable. On a beau être passionné, à un moment donné, on a peu de répit et c’est usant. Quand j’ai fait mon burn out, j’avais pensé à arrêter, j’avais mis mon bâtiment en vente. Finalement, et après avoir eu le robot, on en a construit un deuxième plusieurs années après !

L’expérience de Laëtitia Savary démontre que le robot avicole constitue un levier intéressant pour faciliter votre quotidien. Vous souhaitez en savoir plus sur l'impact que peut avoir un robot avicole sur votre lot actuel ? Notre calculateur de ponte au sol vous permettra de l'évaluer.

Photo de

Gabriel Laurent

Responsable Marketing

Publications

Ces articles peuvent
vous intéresser

Deux oeufs avec une plume sur de la litière

Poule reproductrice

Comment réduire la ponte au sol sans y passer la matinée ?

Si vous élevez des poules...

Employé avicole tenant des poules par les pattes

Poulet de chair

Comment recruter des salariés et repreneurs dans un élevage de volailles ?

Alors que la taille des exploitations a...

Poule reproductrice

Comportements des volailles : les solutions à adopter à partir d’études récentes

À l’échelle de l’existence du poulet,...

Suivez notre actualité en vous abonnant à notre newsletter